Test King’s Quest : A Knight To Remember

Test King’s Quest : A Knight To Remember

Passé entre les mains de Vivendi GamesSilicon Knights et Telltale Games, la saga King’s Quest revient enfin avec un neuvième épisode développé par The Odd Gentlemen pour Sierra, eux même ayant échappé à la mort grâce à Activision. Autant dire qu’en se lançant dans les nouvelles aventures du roi Graham, la nostalgie bat son plein. Pour les autres, c’est le moment de découvrir une série aux charmes certains.

Les jeux d’aventure et énigme à l’ancienne sont tellement rares de nos jours sur console, que l’arrivée de ce King’s Quest fait chaud au coeur. Et pour les plus anciens, voir le logo de Sierra en lançant la partie fait un sacré pincement à ce même coeur. Quoi qu’il en soit, la nostalgie c’est bien, mais sans un réel savoir faire de ses développeurs, King’s Quest ne serait qu’une madeleine pourrie.

A knight to remember, le premier chapitre sur six, nous permet donc de nous replonger facilement dans cet univers. Le vieux roi raconte à sa petite-fille ses aventures de chevalier, lorsqu’il n’était pas couronné. Voilà un tour de passe-passe scénaristique habile pour raccrocher les anciens tout en permettant d’introduire de nouveaux personnages qui seront moteurs de l’histoire par la suite, à n’en point douter.

De prime abord, le charme opère. Le style cartoon avec ses animations parfois fluides et d’autres fois plus rigides fonctionne tout de même bien et les environnements tout en 3D ne sont pas vilains du tout. Le rendu est agréable et même si on sent un léger manque de moyen – un peu plus de vie dans les décors n’auraient pas été de trop -, le taf est fait. Puis on se lance dans l’aventure que l’on nous raconte. Et c’est là que le bât blesse. On se retrouve alors devant un point’n’click couloir où les interactions sont aussi minimales qu’évidentes. On regarde, on utilise un objet. Comme on n’en a pas 50 sur soi, le choix est vite fait.

Heureusement, l’humour opère assez pour donner envie de continuer l’aventure. Et à raison puisque, par la suite, on dispose d’un peu plus de liberté. Plusieurs chemins s’ouvrent à nous et nous mènent vers des mini-quêtes en forme d’énigme : ramène donc moi ça, aide moi à trouver ça… bref, ce n’est pas bien fou mais cela permet au moins de faire des choses dans un ordre aléatoire, selon notre avancée dans l’exploration. Et ça, il faudra bien s’y faire car finalement, si l’aire de jeu n’est pas bien grande, vous allez vous coltiner assez d’aller/retour d’un endroit à un autre pour vous dire que finalement, ce n’était pas si mal les couloirs. Enfin, non, quand même pas…

Certes, dans un point’n’click, on tâtonne un peu avant de trouver des solutions, mais dans l’ensemble, tout est ici assez logique (à une ou deux choses près) pour n’avoir qu’à se dire « ah mais je reviendrai plus tard quand j’aurai trouvé ça », « ça » étant bien sûr l’objet désiré. Le jeu continue donc d’être en roue libre et fera sommeiller les érudits du genre que vous êtes.Plus rageant encore que les va-et-viens : les morts arbitraires et le retour en arrière immédiat avec le narrateur nous donnant la solution pour continuer l’aventure. Pire encore : les longues phases de dialogues et mises en scène que l’on se coltine à nouveau lorsque l’on a manqué à notre objectif et que l’on doit recommencer. C’était si dur de donner la possibilité de passer les dialogues ? D’ailleurs ceux-ci sont en français et il vous faudra passer votre console en anglais pour disposer de la VO en sous-titré anglais, mais c’est toujours mieux que du français qui tombe à plat sur les jeux de mot.

Finalement, peut-être que King’s Quest ne vise plus son public d’antan mais un public plus jeune, à l’image de la mise en place de  son histoire : grand-père inculquant les bonnes valeurs à sa petite fille en racontant son histoire comme on le ferait nous en lisant un conte. Si la série a toujours puisé son inspiration dans les contes et légendes pour mieux en sortir loufoquerie et fraîcheur, ici l’exercice tourne vite à l’hommage académique un peu plat. Du coup, il ne reste pas grand chose pour sauver ce premier épisode.

Pour une première partie d’un jeu épisodique, le bilan n’est pas fameux. Ni les énigmes, ni l’histoire ne vous en donneront pour votre argent si vous attendez de ce revival de King’s Quest un challenger pour vos neurones et une madeleine goûtue pour vos papilles. Autant faire le deuil de retrouver un point’n’click plein de malice et se contenter de ce que l’on a : un conte interactif simpliste mais pas dénué de charme ni d’humour. On peut se dire que la suite ne pourra être que mieux, si l’histoire se détache vraiment de cette envie d’initier les nouveaux venus en les prenant trop par la main. L’espoir reste permis.

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